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Philippe Germain : « Lorsqu’on réforme, on a forcément des opposants ! »

Vidéo.17min30. Après un an d’exercice, le président du gouvernement était l’invité de NCI afin de faire un point sur les réformes mises en place par l’institution ou en cours de réalisation. Budget, économie, nickel, régimes sociaux et visite du Premier ministre, Philippe Germain a effectué un tour d’horizon de ses principales actions.

Entre opposition politique et inquiétude du patronat concernant les futures réformes fiscales, le président du gouvernement collégial dresse son premier point d’étape.
Train de vie gouvernemental : donner l’exemple ?

« On a commencé à réduire la dépense en donnant l’exemple au gouvernement, on a réduit par deux les dépenses de fonctionnement, traditionnellement, ce sont les frais de mission, de réception, les cocktails, les frais de déplacement et les collaborateurs : on a divisé par deux cette dépense c’est-à-à-dire qu’on a économisé 270 millions sur la première année, alors c’est certain, il y a eu quelques grincements de dents… » Elu il y a tout juste un an après une longue période de blocage institutionnel, Philippe Germain est revenu tout d’abord sur les modifications du train de vie de l’exécutif qui a vu son budget diminuer par deux.

Social : réformer sinon « on va dans le mur »
« On était en cessation de paiement sur l’année 2015 ». Concernant la situation budgétaire et le paiement des régimes sociaux qui n’étaient pas financés, selon le président du gouvernement « le nouvel impôt n’était pas très populaire » (à savoir la CSS) mais « on ne pouvait pas ne plus verser ses allocations, il fallait les verser » Aujourd’hui assure-t-il « ces régimes sont sauvés ». Autre grand chantier en cours : le système de santé calédonien. Le RUAMM étant en déficit chronique depuis de nombreuses années (8 milliards), pour Philippe Germain « il faut mettre à plat notre politique de santé, on dépense trois fois plus que l’on a de recette, donc on va dans le mur ». Raison pour laquelle il souhaite rapidement mettre tout le monde autour de la table et « réaliser toutes les économies que nous devons et pouvons faire ».

S’agissant du budget et de l’état des finances, Philippe Germain assure avoir fait les économies nécessaires : « En 2014, la Nouvelle-Calédonie dépensait 57 milliards par an, cette année pour 2016, son budget a été ramené à 42 milliards, on a réduit la dépense de 15 milliards et si vous regardez personne n’est mort (…) on a supprimé le gaspillage, on a supprimé l’inutile et on a demandé à chacun de faire des efforts »

Economie : « Notre dépendance au nickel nous rend fragiles »
Sur la dernière décennie et du fait de la construction des deux nouvelles usines, la Nouvelle-Calédonie a pu bénéficier d’apports financiers extérieurs exceptionnels mais « aujourd’hui il faut qu’on apprenne à vivre sans, comme on le faisait par le passé et la construction des usines, il faut donc diversifier notre économie, relancer d’abord l’investissement et relancer la consommation ». Le gouvernement a donc débloqué une enveloppe de 15 milliards pour l’investissement cette année et veut notamment soutenir la défiscalisation sur le logement intermédiaire (15 milliards sur 5 ans) ce qui permettrait de construire 800 logements/an.

TGC : « On prend le temps pour cette réforme qui est fondamentale »
« Aujourd’hui les opérateurs économiques prennent de la marge sur la taxe » mais demain, après la mise en place de cette TVA calédonienne devant remplacer 7 autres taxes déjà existantes « les entreprises travailleront hors taxe, ce qui leur permettra de diminuer leur prix de revient et leur prix de vente ». Philippe Germain insiste sur la nécessité de mettre en place concomitamment la réforme de la compétitivité des entreprises afin d’éviter un risque inflationniste et de prendre toutes les mesures d’économies permettant la baisse des prix de vente.
Enfin, à quelques jours de la visite du Premier ministre le chef du gouvernement explique quelles sont les attentes qu’il formulera auprès de Manuel Valls à savoir le soutien de la SLN via ERAMET, mais aussi une participation accrue de l’Etat dans le domaine de la lutte contre la délinquance et enfin la mise en place des contrats de plan qui devrait représenter 90 milliards pour la Nouvelle-Calédonie sur 5 ans.